Patrimoines en mouvement : entre préservation et dévotion

Bruxelles, 27-28 avril 2017

Ce n’est que dans les dernières années du XXe siècle que, sous l’impulsion de l’UNESCO, le patrimoine immatériel a été reconnu comme une fraction essentielle du patrimoine culturel de l’humanité. Les traditions orales, les savoir-faire, les pratiques sociales, les rituels et les événements festifs sont aujourd’hui reconnus comme des composantes fondamentales de la diversité culturelle. À ce titre, l’autorité publique doit veiller à en assurer la préservation pour les générations futures.

Diverses manifestations reconnues du patrimoine culturel immatériel impliquent d’autres enjeux patrimoniaux. C’est le cas de certaines pratiques rituelles et festives centrées sur des objets faisant figure d’écrins véhiculant des valeurs mémorielles ou religieuses. Souvent, les processions en tous genres, religieuses ou non, assurent des déplacements d’objets mobiliers qui peuvent être eux-mêmes de haute valeur patrimoniale et qui sont à leur tour l’expression de la communauté qui les a engendrés. On songe par exemple aux antiques statues ou reliquaires en tous genres qui sortent périodiquement dans des conditions parfois susceptibles de mettre leur conservation en péril. Il y a donc un conflit de valeurs entre les manifestations relevant du patrimoine immatériel et les objets précieux qui les soutiennent. On reconnaîtra aussi un conflit de valeurs pour un même objet, qui peut être reconnu d’un côté comme objet de dévotion et de l’autre comme objet patrimonial.

À l’occasion des quinze ans du décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) relatif aux biens culturels mobiliers et au patrimoine oral et immatériel, la Direction du Patrimoine culturel de la FWB et l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) se sont associés pour mener une réflexion sur la manière de concilier les valeurs opposées présidant à la préservation tant des manifestations immatérielles que du patrimoine mobilier qui en constitue le ressort matériel. Il s’agira moins de se focaliser sur de multiples études de cas que de dégager des mécanismes susceptibles d’assurer de façon harmonieuse la pérennisation tant des pièces processionnées que des manifestations qu’elles rehaussent. L’objectif est d’aboutir à des solutions concrètes permettant d’améliorer l’analyse des risques et les conditions de déplacement, de sécurité et de manipulation de biens processionnés.

Ce colloque se tiendra dans l’auditorium de l’Institut royal du Patrimoine artistique (1, parc du Cinquantenaire B-1000 Bruxelles) les jeudi 27 et vendredi 28 avril 2017.

 Les actes seront publiés par la FWB.

 

Comité organisateur :

Marjolijn Debulpaep (IRPA-KIK)

Mallorie Duplouy (FWB)

Géraldine Jaffré (FWB)

Pierre-Yves Kairis (IRPA-KIK)

Caroline Marchant (FWB)

Emmanuelle Mercier (IRPA-KIK)

Ieva Mikutavičiūté (FWB)

Nathalie Nyst (FWB)

Fanny Van Cleven (IRPA-KIK)

Claude Vandewattyne (FWB)